Dans le calme de son bureau d’EHPAD, le Dr. AELBRECHT raconte son parcours avec une précision tranquille. Il évoque ses débuts, sa formation de médecin généraliste, ses premières appétences pour l’urgence et la pédiatrie, puis ses remplacements en médecine de ville. Très tôt, son engagement dépasse la seule pratique clinique.
Les propos tenus n’engagent que leur auteur et ne constituent pas une position institutionnelle de la CAR ni de la CSPHF.
Des responsabilités dès le début
Le Dr. AELBRECHT a d’abord été responsable de la corporation étudiante de médecine, l’une des plus importantes de France et a exercé des responsabilités locales et nationales. Ces années l’ont conduit à travailler au contact de décideurs des projets collectifs et de l’évolution du système de santé.
Puis, en 1991, le Dr. AELBRECHT crée une société de conseil en santé, à une époque où cette approche est encore peu développée. Il accompagne alors de nombreux projets sanitaires et médico-sociaux : restructuration et rénovation d’hôpitaux, accompagnement de collectivités, mise en place et évolution d’EHPAD, réflexion sur l’organisation des soins à moyen et long terme.
Son parcours est enrichi par des formations universitaires en biostatistiques, épidémiologie clinique, communication et management de projets de santé.
Depuis plus de 34 ans, il conseille, structure et accompagne des équipes de soins. Pourtant, au fil des années, la dimension clinique lui manque. Le soin direct. La relation avec les personnes.
En 2015, il se reforme à la médecine des personnes âgées puis à la coordination médicale et prend son premier poste de médecin coordonnateur. Depuis, il exerce dans deux établissements, à Pérenchies et Marquette-lez-Lille et intervient à Roubaix. Il y travaille avec des équipes partageant une même exigence : respecter les projets de vie des résidents, jusqu’à leur fin de vie.
L’accompagnement d’un projet de fin de vie
Pour le Dr. AELBRECHT, le projet de fin de vie fait pleinement partie du projet de vie. Il défend un accompagnement « au sens noble du terme », fondé sur la présence, l’écoute et le respect des choix sans jugement de valeur. Il rappelle les droits fondamentaux : désignation de la personne de confiance, rédaction des directives anticipées, possibilité de refuser ou d’arrêter un traitement, recours à la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès, lorsque la situation le justifie.
Un engagement au national
Il est également engagé dans des réflexions nationales autour de la fin de vie. Il partage avec certains de ses confrères, l’analyse selon laquelle les dispositifs actuels ne répondent pas à toutes les situations. Il insiste sur 2 principes essentiels : la sécurité des personnes et le respect du libre-arbitre. Il affirme respecter les convictions de ses confrères, tout en demandant que les siennes puissent également être reconnues.
Par ailleurs, le Dr. AELBRECHT fait partie d’un collectif de médecins, qui accompagne des patients français souhaitant recourir à l’aide médicale à mourir en Belgique, dans le strict respect de la loi. Son rôle consiste à faire le lien, à analyser les situations de manière collégiale et à accompagner les personnes et leurs proches sans imposer de décision.
En sus, dans ses établissements, il a contribué à la mise en place d’un projet éthique personnalisé pour les résidents en situation de fin de vie. Ce temps d’échange collégial permet d’anticiper les situations, de formaliser les souhaits, de définir une proportionnalité des soins et de sécuriser les équipes comme les familles. Il souligne l’importance du temps accordé à ces démarches, rendu possible par le soutien des directions et le travail collectif.
Il observe aussi l’évolution des soins palliatifs : les situations sont de plus en plus complexes. C’est pourquoi les équipes spécialisées jouent un rôle essentiel, tant sur le plan technique que dans l’accompagnement des familles et la coordination des acteurs de santé. Tandis que la confiance reste, selon lui, un levier déterminant.
Un engagement au régional
Le Dr. AELBRECHT s’investit dans le développement du PalliaKit EHPAD. Il en apprécie l’aspect intuitif de l’outil. Il y voit un soutien précieux pour les soignants, en particulier lorsqu’ils se retrouvent seuls, la nuit, face à une situation de fin de vie qui n’a pas été anticipée. Il imagine déjà les évolutions possibles, l’intégration des acteurs sanitaires et médicaux, l’importance du lien avec les services d’urgence.
Au fil de sa réflexion, il cite souvent les mêmes principes : anticiper, informer, respecter, accompagner, transmettre. Il voit l’avenir avec lucidité : il pense aux millions de personnes dépendantes en France aujourd’hui et à celles qui arriveront demain. Ainsi, il rappelle que la qualité de l’accompagnement repose sur la formation, le temps disponible, les outils et surtout, la volonté collective d’entourer les personnes jusqu’au bout.
Son récit laisse une impression tranquille. Une volonté claire, sans effet. Une manière d’honorer les histoires de vie et de soutenir celles et ceux qui traversent les derniers jours avec leurs souhaits, leurs mots, leurs limites.
Un métier de présence. Un métier de fidélité. Un métier d’humanité.
Vous êtes intéressé par la thématique sur les soins palliatifs et la fin de vie ? Retrouvez toutes nos actualités ICI.

